Évaluer le système scolaire ?

Le rôle du CNESCO, aujourd’hui ?

Avec le Conseil d’évaluation de l’école (prévu dans la loi Blanquer à la place du CNESCO, art.9) ainsi qu’avec les « évaluations nationales », le ministre ambitionne d’évaluer non plus le système éducatif, mais les « établissements » (voire les enseignant.e.s bien que cela ne soit pas annoncé explicitement).

Il s’agit de revenir sur le rôle du CNESCO.

Art. L. 241-12.-Le Conseil national d’évaluation du système scolaire, placé auprès du ministre chargé de l’éducation nationale, est chargé d’évaluer en toute indépendance l’organisation et les résultats de l’enseignement scolaire. (loi de Refondation de l’école de la République, 8 juillet 2013)

Le CNESCO n’a pas vocation à évaluer les établissements ou les enseignant.es, mais le système scolaire. Il travaille ainsi sur différentes problématique
– « la réussite scolaire de tous les élèves » : apprentissages scolaires, inégalités scolaires, cloisonnement des parcours d’apprentissage.
– fonctionnement institutionnel du système scolaire : gouvernance, ressources humaines en Education, parents.
– « école, jeunesse et société » : qualité de vie, école et démocratie, école et mondialisation.

On voit que l’enjeu du CNESCO n’est pas d’évaluer de manière comptable les performances des élèves, mais d’envisager les diverses finalités de l’école de la République.

Ce que les enseignant.es connaissent du CNESCO

Le CNESCO est surtout connu par les enseignant.es comme une institution de diffusion des savoirs scientifiques, notamment à travers ses « conférences de consensus« .

Les conférences de consensus sont des conférences où différents scientifiques travaillant sur une même question tente de faire une synthèse des travaux sur cette question.

Appuyé sur un réseau de 250 chercheurs de France et d’ailleurs, toutes disciplines confondues (économie, psychologie, sciences politiques, sociologie, géographie, didactique, sciences de l’éducation, sciences du langage…), le Cnesco a en effet produit, depuis 2014, sans tabou mais aussi sans esprit partisan, des rapports qui ont éclairé d’une nouvelle lumière l’état de l’école française, depuis les problèmes grandissants dans la maîtrise des fondamentaux, en mathématiques dès le primaire, par exemple, jusqu’aux problèmes, souvent masqués, de mixité sociale à l’école, d’accès à l’école des élèves handicapés ou de manque d’employabilité des jeunes issus de certaines filières de l’enseignement professionnel. (« La France mérite une évaluation indépendante de son école« , Le Monde, 16.10.2018)


Si certains chercheurs comme Choukri Ben Ayed ont pu critiquer l’institution comme « à mi-chemin le politique et le scientifique », regrettant l’effet d’unanimisme de ses publications, l’absence de certains pans de la sociologie et le manque de débats contradictoires, le CNESCO a aujourd’hui un rôle beaucoup moins inquiétants et plus ambitieux que le futur Conseil d’évaluation de l’école prévu par la loi Blanquer.